Dans les terres affligées de la Mort, le
prince en ses vagabondages a croisé sa sorcière à
l’écharpe de chanvre, et il s’est incliné devant
elle, le temps d’une chanson.
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Viens, ma soeur, mon amante, dans ce lieu
sombre et sec
Rejoins-moi et dansons sur nos espoirs défunts et nos amours grises
Buvons cet élixir de mensonge et de fiel, cette poussière
rouge
Qui râpe nos gorges et enserre nos poitrines dans son étreinte
d'acier
Notre sang poussière de vie oubliée et aux espoirs morts
Oublions, le temps d'une coupe d'ambroisie,
les sanglots secs et étouffés
Prenons des poses de statues marmoréennes et incroyablement antiques
Rions à en pleurer de nos sottises et de nos rêves fœtus
partis en fausses
couches
Tirons la chasse sur nos saphirs et nos rubis, sur l'éclat de nos
souvenirs
Sur nos utopies cadavres et nos mondes imaginaires incréés
Entends, sous la poussière des cadavres
de nos songes,
Battre le coeur puissant de nos humanités condamnées
Vois le souffle léger qui s'exhale de nos lèvres froides
L'éclat vitreux de nos yeux devenus perles de lune
Nos épidermes d'albâtre et de marbre froids sous les rayons
de lumière
Puis, quand les temps auront passé,
Dressons-nous et accueillons l'orage
De tous les pores de notre peau
De toutes les larmes de nos yeux enfin brillants
De nos bras dressés pour attirer la foudre en nos coeurs.
oOo
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