RIVES, MARNES, ÂMES, DÉMONS
par
Nathalie DAU
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Rives |
Marnes |
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Vestrelins |
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Rives : |
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Voici la longue vie, la jouvence, le sang de lumière rose. L’ouvrage de la Loi. Itanis a marqué leur front de sa blancheur, et leur esprit de sa défiance des passions. Du corps de Rivenelle, ils ont reçu la grâce. Vénérant l’immuable, ils participent peu au cycle de la vie. Rares sont les enfants qui leur naissent, et d’autant plus choyés. Pour eux, le clan passe avant les désirs d’un seul. Télépathes, les pouvoirs de l’esprit renforcent constamment le sentiment d’union, voire de perte d’identité.
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L’ombre de Siligor marque les enfants du Chaos. Le temps leur est compté, alors ils mordent dans la vie. Leurs instincts animaux multiplient les naissances avant que la mort ne les prenne, et la métamorphose leur permet toujours d’explorer plus avant. Leur sang de pourpre noire apporte la fécondité, redonne la vigueur aux pulsions affaiblies. Chacun mène sa courte vie comme il l’entend, mais la notion de clan redevient essentielle s’il faut venger un offensé ou se battre pour la survie. Leur plus grand ennemi niche en leur sein : la dégénérescence.
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Âmes : |
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La convergence, la, fusion... désormais incarnées.
Libérées par la mort de leur geôle de chair, elles sont contraintes de gagner les Limbes, pour s’y régénérer avant de revenir s’incarner de nouveau.
Parfois, par la faute d’un suicide, elles deviennent fantômes aux lamentations pitoyables.
On dit que certains rêves seraient, en vérité, le voyage d’une âme hors du corps qui l’héberge. La transe et la méditation, peut-être la clairvoyance, procèderaient aussi de ces libérations incomplètes et limitées.
Les âmes possèdent chacune un nom de conscience, qui révèle leur nature profonde. Elles le gardent secret, car quiconque saurait les nommer détiendrait sur elle un redoutable pouvoir.
Parmi les diverses formes possibles de mariage, la plus indissoluble est la cérémonie du lien des âmes, au cours de laquelle les futurs époux échangent leurs noms de conscience, ce qui fusionne leurs destins.
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Démons : |
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De pauvres âmes abîmées, corrompues par la foudre des dieux quand l’agrégat fut fracassé.
Toujours éprises de fusion mais condamnées à absorber sans jamais croître, à consumer, anéantir ce qu’elles étreignent.
Elles sont privées du réconfort que l’on éprouve en se blottissant contre l’autre. Privées aussi des Limbes — qui auraient pu, peut-être, leur apporter la guérison — car Siligor les en a détournées pour leur faire don de Pannusta.
Et pour ce royaume reçu, elles se sont soumises au Chaos. Quand elles s’incarnent, au prix d’incantations et de sang répandu, c’est pour servir d’esclaves aux noirs Convocateurs.
Les plus abîmées sont appelées Dhéneï. Informes, faibles de volonté, sans ambition particulière, répondant à l’appel du moindre sacrifice — même si le sang provient d’un koubouc, d’un lièvre ou d’un befflah.
Au-dessus, les Aran’ti exigent le sang des hommes avant que de paraître. Leurs incarnations prennent l’apparence du sacrifié tout en la mêlant de hideur. Ils se montrent intelligents bien que peureux, ingrats quand ils le peuvent, et leur fiabilité reste à démontrer.
C’est pourquoi le Chaos préfère convoquer les princes Néïatinn, superbes et terribles, fidèles à leurs engagements malgré leur ruse et leur esprit d’indépendance. Mais à ces démons-là, il faut du sang rive et, pour chacun d’entre eux, un mortel acceptant de se faire posséder.
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