(intro : pluie, glas, charrette, flûtes satara)
Il pleut, il pleut,
Passe la charrette,
Giclées de boue, tristes pirouettes,
Tombereau lourd jamais ne s’arrête,
Il pleut, il pleut,
Se tend la main lépreuse,
Toujours mendie, paume se creuse,
Doigts crochent la mort bienheureuse,
Il pleut, il pleut,
Sonne le glas, résonne,
L’airain pleure et personne
Dessous terre ne frissonne.
Il pleut, il pleut,
Face large ouverte,
Rires sans joie, moines en goguette,
La croix vacille, tombe et s’émiette,
Il pleut, il pleut,
La capuche railleuse,
Bure en haillons, fuligineuse,
Lève vers Dieu une poigne hargneuse,
Il pleut, il pleut,
Le pinceau badigeonne,
Fossoyeurs, maillets cognent,
Tant de corps s’abandonnent.
(instrumental 1 - orage)
Et le feu s’attaque aux masures de bois,
Les vivants se saoulent et les prudes se noient,
S’oublient dans l’amour, ironie sublime,
Avant le plongeon ultime.
Ça braille et ça chante dans des bouges infâmes,
Du foutre en mon verre, du vin pour ma femme,
Vivent l’enfer et ses flammes !
(instrumental 2)
Et là dessous terre, raillant les os terne,
Y trouvant des chambres, des rues, des poternes,
S’égaillent les rats, semeurs de vermine,
La peste fleurit en bubons puis termine
Sa noire récolte en moissonnant les vies
Le grand couvert est servi !