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ANNIE ET L'ÂNE HANS

par

Nathalie DAU

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A savoir
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Adepte depuis l'enfance des jeux de mots et de la traction capillaire (au sens figuré), il m'arrive parfois d'enchaîner beaucoup de sottises dans le seul but de faire rire. J'ai un petit côté clown avec lequel j'ai d'ailleurs torturé mes guildies Everquest durant nos longues heures de jeu en ligne.

Annie et l'âne Hans fut à l'origine un post humoristique sur la mailing list Malpertuis, dans le but de délirer avec les joyeux lurons que sont par exemple Cédric Perdereau (traducteur), Francis Berthelot (auteur), Thomas Bauduret (tout ça et plus encore, mais surtout grand maître du POUM) ou encore Sylvie Miller (15 en une, toutes cyclotronitruantes !)

 
     
   
   
 
   
 
 
Texte Intégral
 
   
 
 

Il était une fois, dans un village de montagne, une petite fille prénommée Annie.

Dans l'écurie de ses parents vivait un âne.

Pas n'importe quel âne ! C'était un âne intelligent comme seuls savent l'être les ânes, les vrais, ceux qui appartiennent à la parentèle du sage animal dépeint par Marcel Aymé dans les Contes du Chat Perché. Ou peut-être un cousin du fidèle, pénible mais cultivé compagnon de Shrek !

En fait, le quadrupède qui mâchonnait son foin dans l’écurie des parents d’Annie était un prince parmi les ânes. N’oublions pas qu’en altitude, l'oxygène contribue à l'activation des facultés cérébrales, ce qui laisse à penser, d’ailleurs, que les ânes de montagne sont plus intelligents que les ânes de basses plaines. Ainsi pouvait-on dire qu'il s’agissait là du seigneur des ânes hauts.

Cet âne-ci, donc, d'origine savoyarde mais baptisé Hans par ses propriétaires d'ascendance alsacienne, pensait que lire était passionnant, et il aspirait à devenir lui-même un grand lecteur. A force de regarder l'alphabet d'Annie par-dessus l'épaule de la petite fille, l'âne Hans apprit, en effet, comme certain boeuf blanc avant lui, et bientôt il se mit à lire des nouvelles, puis des anthologies, et même de bons gros romans de plus d'un million de signes.

Evidemment, pour accéder à ces ouvrages, Hans devait se glisser nuitamment dans l'habitation principale de la ferme, et subtiliser délicatement entre ses dents les livres rangés dans la bibliothèque du salon, pour les emmener jusqu’à sa stalle. Puis il les cachait sous le foin et attendait la bienveillante lumière du soleil matinal pour dévorer le livre de tous ses bons yeux globuleux.

Une nuit, cependant, Annie, qui s’était levée pour aller aux toilettes, surprit son âne dans le salon. Il tenait en travers des mâchoires Le Général Dourakine, ce qui fit naître chez la fillette un terrible mélange de colère et de peur. Des traces de salive d'âne sur les pages du roman préféré de son papa, n'est-ce pas...

L'âne Hans eut beau expliquer qu'il était lui aussi un lecteur passionné et qu'il n'avait pas pris le livre pour le dévorer des dents comme un bouquet de chardons, mais des yeux, Annie ne se laissa pas attendrir et lui flanqua la correction qu'il méritait, malgré les dénégations bramées hautement par l'âne qui s'estimait victime d'une terrible injustice.

Moralité : Même si l'Hans des ânes nie haut, Annie bat le lecteur !

PS : ne jamais oublier que l'âne Dau triche !

 
     
 
 
     
 
Hans et Annie - illustration © Alexandre Dainche