L’air est aseptisé, le lit paraît trop grand,
Son teint décomposé joue les aveux flagrants,
Tous les ors de midi font triste crépuscule,
Les goûts sont affadis, les larmes se bousculent.
Comment lui dire encore à quel point je l’aimais ?
Comment lui dire plus fort qu’elle me manque à jamais ?
Elle était mon aînée, la sœur et le modèle,
Me voici condamnée à vieillir après elle.
Refrain :
Alice a passé le miroir,
Le côté que je ne vois pas.
Elle m’a posé un lapin noir,
Couleur d’absence et de trépas.
Alice a passé le miroir,
Mais le labyrinthe est pour moi :
Faut vivre avec le désespoir,
Peine de cœur, l’as et le roi.
Alice a passé le miroir,
Le monde est un chapelier fou.
Un chat sourit dans ma mémoire,
Malgré tout.
Alice, Alice.
Les années ont passé, j’ai veillé sur son fils,
Je me suis courroucée au nom de sa justice.
Ce qu’elle aurait aimé, je lui en fais cadeau,
Malgré l’inanimé et le froid du tombeau.
Comment lui raconter ce qui m’a terrassée ?
Comment lui avouer le prix qu’il faut verser ?
On nous a dérobé le temps des confidences,
Le crabe a exigé un serment d’allégeance.
Au refrain
Alice a passé le miroir (x4)