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Ecrite en réponse à
l'appel à textes lancé par les éditions de l'Oxymore
sur le thème de Lilith, mais refusée par l'anthologiste
pour le motif : "trop différente des textes déjà
choisis", Lucine a été retenue par le rédacteur
en chef de Place aux Sens, revue de littérature générale, puis par Jess Kaan pour le numéro 51 du fanzine québécois Horrifique, consacré aux "femmes de l'étrange".
Peut-être parce que je suis femme, ou parce
que je me suis régalée à lire l'étude de Jacques
Bril consacrée à Lilith (éditions Payot), j'ai du
mal à ne voir, en cette figure mythique, qu'une démone animée
par le mal. Je la ressens plutôt comme une femme libre, ou libérée,
diabolisée par le regard que portent sur elle les sociétés
patriarcales.
Lilith est une femme phallique, comme Mélusine
(Mère Lucine), en référence à laquelle j'ai
baptisé l'héroïne de ma nouvelle.
Lilith est aussi la première épouse
d'Adam, créée par Dieu en même temps que lui, et non
la perverse succube détournant les hommes mariés de leurs
devoirs conjugaux (Génèse 1 verset 27 :
Et Dieu créa l'homme à son image ; il le créa
à l'image de Dieu ; il les créa mâle et femelle).
Sa révolte première est envers le père, non le mâle.
Un homme qui accepterait de considérer la femme comme son égale,
et non comme son enfant soumise ou son jouet sans âme, n'aurait
rien à craindre de Lilith.
Ceci pour préciser que ma nouvelle ne
s'inscrit pas dans une démarche féministe, comme d'aucuns
pourraient le penser, mais égalitaire et tolérante, car
nous sommes tous des êtres humains, quels que soient notre couleur,
notre religion ou… notre sexe.
Dernière petite précision : l'histoire
de la sorcière s'en prenant aux messagers du roi et collectionnant
les rouleaux de parchemin est à l'origine un poème que j'avais
écrit à l'adolescence (très exactement à l'âge
de 17 ans). |